Comment choisir son détendeur de plongée

Détendeur plongée : comment faire le bon choix ? C’est un élément crucial dans votre équipement de plongée bouteille, qui va vous permettre de respirer avec facilité au fond, quelle que soit votre profondeur (en fonction, bien entendu, de vos prérogatives).

Le fonctionnement d’un détendeur de plongée

Sans rentrer dans les détails trop techniques (vos manuels et vos moniteurs sont mieux placés pour ça), le détendeur est en plusieurs parties :

  • Un premier étage, fixé directement sur la bouteille, qui va détendre la pression de celle-ci, pour la faire passer de 200 à 15 bars (moyenne pression)
  • Un deuxième étage, branché sur le premier étage, qui va moduler la pression moyenne en fonction de la pression ambiante et rendre l’air respirable

Le premier étage va ainsi alimenter le 2ème étage (détendeur principal et détendeur de secours) et le flexible de direct system (qui va lui, alimenter à son tour le gilet stabilisateur). Le manomètre sera installé sur la sortie « HP » (Haute Pression) du premier étage. Certains détendeurs sont estampillées EN250, c’est-à-dire qu’ils répondent à la norme « eau froide », pour éviter tout givrage dans des conditions un peu fraiches.

Premier étage détendeur : trois grandes options possibles

  • Le détendeur à piston simple : utilisé dans tous les clubs de plongée de la planète (ou presque), très fiable, on peut l’utiliser dans de bonnes conditions et à des profondeurs raisonnables. Néanmoins, en dessous de 20 à 30m, le confort se dégrade rapidement, et il y a un effort inspiratoire à fournir. Ex : Aqualung Calypso, Scubapro MK2
  • Le détendeur compensé : à piston ou à membrane, ce détendeur se décline en plusieurs options (eaux froides, système venturin etc.). Ce milieu / haut de gamme garantit un confort inspiratoire constant. Ex : Mares Abyss 22, Aqualung Core
  • Le détendeur surcompensé : très souple, il assure le meilleur débit d’air et une pression moyenne constante. C’est la Rolls du détendeur, et s’adapte aux plongées profondes (60m), voire même en dessous pour les plongeurs Tek. Ex : Aqualung Legend, Apex XTX100

Vous l’aurez compris, le détendeur à piston simple est à éliminer, sauf si vous souhaitez faire des plongées peu profondes, ou si l’effort inspiratoire ne vous dérange pas. Dans la réalité, la grande bataille se joue entre les pistons ou membranes compensées (voire surcompensées), et chaque plongeur a souvent une préférence bien arrêtée sur ce sujet. N’hésitez pas à essayer, à emprunter du matériel à votre club ou à un ami, pour vous forger votre propre idée ! Tous les détendeurs compensés (ou surcompensés) sont des détendeurs de qualité, et c’est à vous de vous forger votre propre avis sur la question.

Détendeur DIN ou étrier ?

Chaque détendeur est proposé en deux versions : DIN ou étrier. Le système à étrier (ou INT à l’étranger) va fixer le premier étage en le plaquant contre le robinet du bloc, grâce à une vis de serrage extérieure. Le DIN, quant à lui, se vise directement à la sortie du bloc, grâce à un filetage à 5 filets (qui supporte 230 bars de pression) ou même 7 filets pour les pressions jusqu’à 300 bars (avec les blocs adaptés à pareil gonflage). Le joint de l’étrier est extérieur, et risque de « claquer » ou de se déplacer, alors que le joint DIN est dans la robinetterie. En centre de plongée, c’est souvent le système étrier qui prédomine. De nos jours, le détendeur DIN a le vent en poupe :

  • Plus fiable : un seul joint, et une fixation plus sécure au montage qu’avec un étrier
  • Plus compact et plus léger : toujours pratique quand on veut emmener son matériel en avion pour aller voir les requins en Mer Rouge !
  • Prix identique qu’un détendeur INT
  • La plupart des blocs INT ont une pièce amovible grâce à une clé allen

En bref, même si l’étrier est fiable et comporte un avantage (celui de ne pas abîmer la robinetterie en cas de chute), nous vous recommandons chaleureusement d’opter pour le DIN. Avec une petite boite de joints toriques au cas où, parce que vous êtes prévoyant.

Octopus (détendeur de secours) : des économies à faire ?

L’octopus, c’est le détendeur de secours qui sera à vos côtés pour, on ne vous le souhaite pas, assister votre binôme en cas de pépin ou remplacer votre détendeur principal défectueux. Il est semblable en tout point avec votre deuxième étage principal, hormis sa couleur jaune flashy. Dans la majorité des cas, l’octopus servira pour passer les niveaux, puis deviendra un objet décoratif jaune pour la plupart des plongées. Et c’est tant mieux ! Oui, mais qu’arrivera t’il en cas de problème ? Si c’est à vous qu’arrive le pépin, imaginez, à 60m… Et que vous soyez obligé de passer sur un détendeur beaucoup plus dur. Ça ne posera pas de problème dans de bonnes conditions, et pour un plongeur aguerri. Oui, mais ! C’est un vecteur de stress, et comme chacun sait, le stress en plongée, c’est accidentogène ! Aussi, nous n’avons qu’une recommandation à faire : ne faites pas d’économie sur votre détendeur de secours. Même si l’opération est tentante. Achetez un détendeur de qualité, si possible le même que votre principal. Il y a de grandes chances pour que cet achat ne vous soit jamais utile (et on vous le souhaite !), mais en cas de coup dur, vous vous féliciterez de ne pas avoir fait l’économie de votre sécurité, ainsi que de celle de votre binôme.

Entretien et révision d’un détendeur de plongée

Eléments vitaux dans l’équipement de plongée, il ne faut pas lésiner avec l’entretien de vos détendeurs. Prenez le temps de les rincer correctement après chaque plongée, séchez-les correctement et stockez-les à l’abri de l’humidité. De plus, si vous voyagez avec, prenez bien soin de ne pas les comprimer et ne les soumettez à aucun choc.

Concernant la révision, c’est un autre point crucial. Si, par le passé, on pouvait trouver les kits de révision et éventuellement trouver un ami bricoleur pour le faire, désormais la situation est toute autre. Il faut passer par un centre agréé, et veiller à faire réviser son détendeur par un professionnel, tous les ans ou toutes les 100 plongées. En réalité, chaque fabricant donne ses propres préconisations, et il vaut mieux les suivre à la lettre. Le prix sera évalué en fonction du type et de la marque de votre détendeur, et il faut compter une centaine d’euros, pièces et main d’œuvre comprises. Certaines marques, comme Poséidon, sont un peu plus chères à la révision, du fait de leurs spécificités.

Détendeurs Nitrox ou Oxy

Vous avez sans doute constaté, dans les rayons de votre magasin de plongée favori, des détendeurs de couleur verte. Ce sont les détendeurs « oxy », c’est-à-dire qu’ils sont adaptés pour supporter des mélanges à plus de 40% d’oxygène. Si vous avez passé votre certification Nitrox Avancé (FFESSM), vous allez utiliser l’un de ceux-ci. Concrètement, ils ne contiennent pas de graisse, qui, au contact de l’oxygène, crée un mélange « détonant » ! Nous sommes ici dans le domaine de la plongée tek (plongée technique), et, si vous souhaitez simplement acheter votre premier détendeur, vous aurez tout le loisir de découvrir ce matériel plus tard. Pour la plongée Nitrox de base, un détendeur classique fait l’affaire. N’oubliez toutefois pas d’utiliser l’analyseur pour connaître le taux réel d’oxygène dans votre bouteille, et rentrez cette valeur dans votre ordinateur de plongée !

Conclusion

Faire de la plongée sous-marine avec un détendeur confortable, qui offre un débit constant et sans effort, cela ouvre une toute autre dimension à votre pratique de la plongée loisir. Effectivement, vous ne verrez pas de différence flagrante avec le confort d’un détendeur à piston fourni par votre école de plongée lors de votre baptême, à 6m. Mais, dès lors que vous pousserez votre formation plongée et accéderez à de nouveaux horizons (comme la plongée profonde ou la plongée sur épaves), il est impératif que vous soyez équipé d’un matériel de plongée dans lequel vous aurez toute confiance !